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Jean-Paul GUINEGAULT

 

 

Jean-Paul GUINEGAULT est né au 7 rue Jules Chaplain, à PARIS dans le 6 ème arrondissement, le 4 janvier 1918, à 10 heures et demie du soir, dans un hôtel particulier de Montparnasse, que son père avait loué pour tenter sa chance à Paris.
Ses parents étaient Bretons, originaires de Rennes.
Son père, Georges, avait travaillé le violon, aimait les opéras et la poésie et était surtout passionné par le dessin d'art, particulièrement pour l'antique et le modèle vivant. Il avait été admis aux Beaux-Arts à Paris.
Excellent portraitiste et spécialiste du nu, il était un artiste reconnu. Sa mère, Madeleine, chantait et jouait un peu de piano ; elle avait aussi beaucoup de goût artistique sans en faire une profession.
Jean-Paul sera fils unique d'un couple peu porté vers les épanchements affectifs.
De santé fragile, il a essentiellement été instruit à la maison, d'abord par sa mère qui lui apprit les lettres de l'alphabet ainsi que les notes de musique puis par une institutrice.
Mais à 14 ans, s'il savait lire, l'écriture et le calcul étaient insuffisants et son père reprit son éducation avec l'aide d'un directeur d'école à la retraite qui lui redonna une scolarité normale.
Jean-Paul a commencé à faire du piano à 5 ans ; à 8 ans, il travaillait 2 heures par jour et à 20 ans, il était assez bon pianiste et accompagnait son père, mais ce n'était pas son destin de faire une carrière musicale.
Son père jugea, à juste titre, qu'il ne deviendrait jamais concertiste et lui fit travailler la peinture avec lui. Le père et le fils furent associés comme peintres et musiciens jusqu'en 1950. Cependant, Georges Guinegault était exclusif, voire autoritaire.
Son fils se révèle un portraitiste médiocre, mais montre un réel talent pour la nature morte et des qualités intéressantes de coloriste.
En 1949, à 31 ans, Jean-Paul épouse Geneviève CHASSELOUP de CHATILLON, jeune femme de petite noblesse de l'ouest. La cohabitation des deux couples sous le même toit est impossible. C'est alors la rupture avec les parents, séparation définitive, jusqu'au décès de ses père et mère.
En 1950, le jeune couple s'installe à Angers et peut vivre de la peinture grâce au réseau de relations de la famille Cointreau et de plusieurs amis médecins. Cependant, les revenus du couple sont inégaux et précaires et, malheureusement, aucun enfant ne vient égayer la vie de Jean-Paul et de son épouse.
Leur vie s'organise de plus en plus par rapport au littoral atlantique, principale source d'inspiration de l'artiste. Ainsi, après avoir vécu à Angers pendant 23 ans, le couple s'installe au Gua et à Vaux-sur-mer.
Après le décès de son épouse, Jean-Paul Guinegault décide alors de venir habiter à Thénac, dans une des locations de la famille Bon, car c'est justement chez Mme Bon, à Thénac, qu'il achetait son matériel de peinture.
Sur le plan artistique, Jean-Paul Guinegault s'inscrit dans la filiation de la peinture dite classique. Ses maîtres, Louis Roger et René Jaudon lui enseignèrent son inébranlable technique et le jeu des valeurs. Il maîtrise le dessin et la perspective qui donnent à ses toiles solidité et relief. Coloriste, il apprivoise la lumière et le peuple des ombres : les gouaches sont marquées par la vigueur. La matière (sols, pierres, objets et fleurs), l'eau (qui absorbe et renvoie les reflets en apaisant l'esprit), l'aire qui enrobe les formes, contourne les masses, ouvre des routes panoramiques où s'engage le regard, voilà les trois éléments privilégiés du peintre.
Ses motifs évoquent la France paysagée : les méditerranéens Baux de Provence, les ruelles fleuries de roses trémières de Talmont ou de l'Île de Ré, les moulins de Cancale, et surtout les bateaux de bois de l'Atlantique dans l'attente d'un hypothétique départ à la marée ou d'une agonie dans la vase.
Sa plus parfaite réussite réside sans doute dans les natures mortes exécutées à couteau et pinceau rompus pour saisir la vibration des fruits et que la perfection de la couleur met en valeur.
"Sociétaire des Indépendants de Paris", "Sociétaire des Artistes Français", sélectionné du prix de France-signature, Jean-Paul Guinegault a pu exposer assez souvent aux galeries Ror Volmar, en Bourgogne et à Paris.
En Charente-Maritime, Jean-Paul a beaucoup exposé à Vaux et à Saint Georges de Didonne, en période estivale, et il ne lui a pas toujours été facile de faire face à ses échéances financières.
Jean-Paul Guinegault était également un très grand lecteur. Il appréciait tout particulièrement les romans historiques. De commerce agréable, il était intarissable dès qu'on abordait ses passions. Depuis qu'il se sentait diminué, il était capable de violentes colères (toujours dirigées contre lui-même et son incapacité à être autonome). Particulièrement gourmet et gourmand de marrons glacés, foie gras et autres mets choisis, il savait les accompagner de bons crus. Nous avons tous une infinité d'images des moments passés auprès de lui, riches, drôles ou émouvants.
Cependant, rappelons-nous surtout que Jean-Paul Guinegault était un véritable ARTISTE et un homme remarquable et gardons pour lui une grande place dans nos curs.
Jean-Paul GUINEGAULT est décédé le mercredi 24 juin 2009 à 15 heures à Saintes,
inhumé le 29 juin, il repose auprès de son épouse au cimetière de Vaux sur Mer.